La NASA prévoit de renvoyer des hommes sur la Lune en 2020

L’agence spatiale américaine teste son vaisseau spatial Orion dans l’espoir de lancer une première mission lunaire en 2019.

La NASA a soumis son vaisseau spatial ORION à une série de tests en vue d’une mission habitée en orbite de notre planète et au-delà. Pour le moment la capsule semble opérationnelle. Dans une série de manoeuvres conduites cette semaine, une équipe de la NASA et de la marine états-unienne a réussi à récupérer le vaisseau dans les eaux de San Diego, pour simuler le retour sur Terre une fois la mission effectuée.

Si tout se passe comme prévu, Orion sera l’étendard de la NASA pour les missions habitées en orbite et même dans l’espace, sur la surface lunaire et peut-être même martienne. Voici ce qu’il reste à faire avant le lancement de la mission.

 

Attendez une minute, les astronautes américains n’ont pas déjà été dans l’espace ?

Si, mais pas à bord d’un vaisseau de la NASA. Le programme de construction de navette spatiale a pris fin en 2011 et les navettes restantes sont maintenant exposées dans les musées états-uniens. Depuis, les astronautes américains se sont rendus dans l’espace pour rejoindre la Station spatiale internationale à bord de fusées russes, et la NASA a envoyé des ravitaillements à l’ISS par le biais de sondes ou vaisseaux développés par les entreprises SpaceX et Orbital ATK.

Avant qu’Orion ne soit disponible, les astronautes de la NASA n’avaient pas d’autre option pour se rendre dans l’orbite terrestre et au-delà. Les compagnies d’astronautique et de vol spatial comme SpaceX et Boeing développent actuellement leurs propres capsules habitables capables de rejoindre la station spatiale internationale. Mais nul ne sait qui sera le premier à lancer des missions habitées vers la Lune ou l’espace.

 

Si Orion n’est qu’une capsule, comment va-t-elle décoller ?

Orion est la partie qui abrite les astronautes et l’équipement de recherche, sorte de version améliorée des capsules Apollo. Orion sera combiné avec le Space Launch System, une nouvelle fusée en cours de développement.

Bien que le Space Launch System ait été maintes fois critiqué pour des coûts de développement exorbitants et de nombreux retards, le système continue d’être priorisé par la NASA. Lorsqu’il sera prêt, il sera plus puissant que ses concurrents, notamment le Falcon Heavy de SpaceX, qui devrait effectuer son premier voyage dans les semaines à venir.

 

Comme il ne peut pas atterrir comme une navette, comment Orion va-t-il ramener les astronautes sur Terre ?

Orion a été conçu avec un bouclier thermique capable de résister à des températures allant jusqu’à 2 760°C lors de l’entrée dans l’atmosphère. Une fois que la capsule sera passée de 40 000 kilomètres par heure à « seulement » 482 kilomètres par heure pendant sa descente vers la Terre, elle déploiera des parachutes pour la ralentir un peu plus encore, avant d’amerrir sur la côte de San Diego, où des navires attendront les astronautes. L’équipe de sauvetage attachera ensuite un treuil au vaisseau et le tirera sur le pont du navire afin que la capsule puisse être réutilisée.

Quels types de tests font-ils sur Orion ?

Cette semaine, la NASA a testé les processus de récupération d’Orion avec l’USS Anchorage, navire de transport amphibie, en utilisant une capsule de simulation qui a à peu près la même taille, la même forme, le même poids et le même centre de gravité. La NASA teste également l’équipement de soutien au sol, le bouclier thermique, les systèmes de parachutes et tous les logiciels. Tout doit être optimal pour la première grande mission d’Orion.

L’astronaute Stephen G. Bowen se souvient des équipements d’Apollo 1 et des vaisseaux Challenger et Columbia et rappelle combien il est critique de tout vérifier pour assurer la sécurité des astronautes. Tout l’intérêt de ces tests estde minimiser les risques qu’implique un voyage dans l’espace.

 

En quoi consistera la première mission d’Orion ?

Une fois détaché du Space Launch System, Orion survolera la Lune et retournera sur Terre en l’espace de trois semaines. Exploration Mission 1, comme elle est désignée par la NASA, est prévue pour décembre 2019, mais cette date pourrait être repoussée au début de l’année suivante.

La première mission ne sera pas habitée, mais les suivantes seront plus ambitieuses. La NASA prévoit actuellement d’utiliser Orion pour aider les astronautes à construire une nouvelle station spatiale (Deep Space Gateway) au-delà de l’atmosphère terrestre. Une telle station spatiale permettrait de faire plus de recherches sur la surface lunaire et d’assembler des navires dans l’espace pour des missions encore plus lointaines.

 

J’ai entendu dire qu’Orion ira ensuite sur Mars. Est-ce vrai ?

C’est du moins l’ambition de la NASA, mais cela n’arrivera certainement pas avant le milieu des années 2030. Le projet à long-terme de voyage sur Mars dépendra du succès de toutes les missions précédentes, à commencer par la mission non-habitée vers la Lune.

 

Quel programme pour Orion dans les mois qui viennent ?

Si tout se passe comme prévu, la NASA prévoit d’envoyer les composants d’Orion au Kennedy Space Center, en Florida d’ici la fin de l’année, puis ils expédieront le tout à l’usine de Plum Brook dans l’Ohio, où ils soumettrons Orion à des essais finaux qui simulent le vide et les températures de l’espace. Ensuite, ils le renverront en Floride pour préparer le lancement.

Source: nationalgeographic.fr