Sprimont: Eloy pourrait relancer l’opération «bouchons»

Eloy Water, filiale du groupe sprimontois Eloy, pourrait relancer la collecte de bouchons en plastique, effectuée jusqu’ici par Eryplast mais dont la fin est annoncée pour le 1er avril. Une relance qui permettrait aux associations de bénéficier à nouveaux de ces revenus complémentaires, et à Eloy Water de fabriquer à partir de matériaux recyclés les supports bactériens utilisés dans ses micro-stations d’épuration.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe la semaine dernière parmi de nombreuses associations : Eryplast, la société herstalienne qui rachetait auprès des associations les bouchons en plastique pour les transformer en palettes et en caillebotis, cessera cette activité dès le 1er avril. Une perte sèche pour ces ASBL qui parvenaient grâce à cet argent « facilement » gagné à compléter leur budget.

Mais tout espoir n’est pas perdu. Eloy Water, la filiale du groupe sprimontois Eloy spécialisée en traitement des eaux usées, envisage en effet de prendre la relève. À condition toutefois que cette nouvelle activité ne mette pas en péril sa production…

«  Voici dix ans, j’avais déjà voulu saisir cette opportunité, explique Louis Eloy, administrateur-délégué du groupe Eloy. Mais à l’époque, Eryplast était déjà bien organisé et faire cette collecte à deux aurait été compliqué.  »

Le projet a finalement été abandonné. Mais il vient de ressortir des cartons depuis l’annonce faite par Eryplast d’abandonner cette activité.

Quel intérêt pour Eloy Water ? Il est multiple. La société sprimontoise fabrique principalement des micro-stations d’épuration, qui utilisent le « principe du traitement par culture fixée immergée et aérée. » En clair, ce sont des bactéries, logées dans la cuve, qui traitent les eaux. Et ces fameuses bactéries sont installées sur des supports en plastique.

De quoi recycler 600 tonnes de plastique par an ! «  Ce serait un bel exemple d’économie circulaire, estime Louis Eloy. On recycle les déchets que sont les bouchons, pour en faire des produits qui serviront au traitement des eaux usées.  » Tout en permettant aux associations de retrouver cette source subsidiaire de revenus. «  On voudrait vraiment prendre la place d’Eryplast pour que ces ASBL retrouvent un débouché pour ces bouchons, souligne l’administrateur-délégué du groupe Eloy. Je vais donc rencontrer leur directeur technique après les vacances de Pâques, pour voir comment ils fonctionnent, quels sont les avantages et les inconvénients de cette filière…  »

Plus que la seule -bonne – volonté, c’est en effet l’aspect technique qui sera prépondérant dans la décision finale.

«  La matière première doit être propre. Au niveau qualité, c’est du plastique alimentaire qui est utilisé pour les bouchons, donc a priori de meilleure qualité encore que celui qu’on utilise, mais il faut s’assurer qu’il ne présente aucun risque pour nos machines, qui tournent sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et on devra sans doute faire de nouveaux moules.  » Un investissement de l’ordre de 150.000 euros pièce, auquel il faudra ajouter le rachat de la broyeuse utilisée jusqu’à présent par Eryplast.

Mais ce n’est pas tant l’aspect financier qui inquiète le groupe Eloy – «  On ne gagnera rien, mais on espère faire une opération blanche » – que la fiabilité du process.

Des tests vont donc devoir être entrepris pour s’assurer que le recyclage de ces bouchons n’entrave pas le bon fonctionnement de l’usine sprimontoise.

«  Mais il faudra plusieurs mois d’essai avant de pouvoir dire si ça fonctionne ou pas. D’autant qu’il faut déjà entre six et huit mois pour designer un moule. Et qu’ensuite, il faudra encore sans doute réorganiser la collecte. Le calcul financier peut encore être vite fait, mais au niveau de la faisabilité, ça prendra du temps.  »

L’opération « bouchons » n’est donc pas encore sauvée, mais un espoir subsiste néanmoins de la voir reprendre à relativement court terme.

«  Dans le doute, que les associations continuent à garder les bouchons, termine Louis Eloy. Si ça ne fonctionne pas avec nous, c’est peut-être une autre entreprise qui prendra la relève…  »

Source: lameuse.be – 27-03-2018