Formation qualifiante: des perspectives pour décrocher un emploi dans la filière bois

Les métiers du bois (menuisiers, ébénistes…) sont des métiers en pénurie. Pourtant, c’est une filière qui attire assez peu les jeunes.

A l’institut saint-joseph à Etterbeek, une dizaine d’élèves sur plus de cinq cent ont choisi de s’inscrire en septembre dernier dans la section bois. Une formation qualifiante en menuiserie ébénisterie, un parcours complet à partir d’une quatrième année à une septième permettant ensuite une passerelle vers l’enseignement supérieur. Un chiffre d’inscrits resté quasi identique ces quatre dernières années.

« Un manque de visibilité »

Laurent Gillis, après avoir travaillé durant quinze ans dans le privé, est revenu exercé dans l’école où il a reçu sa formation. Devenu professeur de technologie et de pratique professionnelle dans les deux dernières années du cycle, pour lui le peu de succès de la filière tient avant tout à son manque de visibilité. Les métiers du bois restent associés aussi à une vision passéiste. Car les débouchés professionnels ne manquent pas.

Lui même a choisi de continuer à exercer une activité complémentaire dans le privé : « Bien souvent les personnes ne sont pas au courant de ce qu’on fait. Elles ne s’imaginent pas qu’une petite planche peut être la base d’un meuble, elles n’imaginent pas que c’est une filière énorme parce que la formation en ébénisterie c’est une base du métier », explique-t-il. 

« On a des élèves qui sont maintenant négociants en bois, d’autres dessinateurs pour une entreprise de mobiliers. Alors pourquoi pas plus de candidats dans la filière, je pense que c’est un manque de publicité« .

Les anciens reviennent régulièrement dans leur école

Nicolas Gyns et Cédric Wuyts sont passés par l’Institut avant de se lancer dans leur vie professionnelle. L’un et l’autre ont décroché un emploi dans le secteur bois. Si Nicolas a eu la chance de trouver très vite un travail après ses études auprès d’une société qui pose et répare des parquets, Cédric a lui cherché un travail durant un an et c’est grâce à un stage de six mois proposé par Actiris qu’il a finalement pu décrocher un premier emploi.

Son employeur réalise des meubles sur mesure et des placements de portes. Après ce premier stage, Cédric est retourné à la case chômage un an supplémentaire, avant que son premier employeur ne se décide finalement à l’engager à durée indéterminée. Cela fait désormais un an et demi qu’il travaille pour lui.

Ces deux anciens de Saint-Joseph apprécient leur parcours au sein de leur ancienne école et lorsqu’ils y reviennent, les souvenirs se bousculent. « Tous les jurys qu’on a passé à stresser devant ces machines même si ce ne sont pas les plus neuves qu’on peut avoir, tout est partit de là, c’est la base… Quand on arrive au début d’une formation on se demande si cela va nous plaire, si on va bien s’intégrer avec les autres.

Et c’est une formation physique selon eux  car il y a les heures d’atelier. Mais au final, tous les professeurs nous ont vraiment mis à l’aise dans le métier, pris le temps de bien nous expliquer et transmis non pas seulement un métier, mais plutôt la passion de travailler le bois. Et on est ressorti de là avec des connaissances et une envie de continuer dans ce domaine là.

Avec une formation qualifiante, les élèves sont armés pour faire face au marché du travail.

Grâce aux stages en entreprise, la formation professionnelle prépare aux conditions réelles du marché de l’emploi. Pour Fabio Allata, professeur de menuiserie à l’Institut Saint-Joseph, cela ne fait aucun doute: « Devoir arriver à l’heure et respecter les consignes d’un patron permet à l’élève d’être capable d’être armé face au marché du travail ».

Source: rtbf.be – 05-05-2018