Finance: 2019, l’année de tous les dangers?

Après une croissance ininterrompue de 10 ans, les indices boursiers font grise mine. Avec une crainte: celle de la crise financière.

Depuis quelques semaines, la finance mondiale joue à se faire peur. Les soubresauts enregistrés au sein des différentes places boursières, en décembre dernier notamment, ne sont guère rassurants: -9,7% à New York (Dow Jones), -7,9% à Francfort ou encore -4,7% à Londres. De là à envisager un écroulement des marchés financiers en 2019?

1. Le basculement«Nous assistons effectivement à un retournement de marché, qui a commencé en septembre-octobre 2018», analyse l’économiste Bruno Colmant.

Avant cette période charnière, les marchés financiers ont connu dix ans de croissance ininterrompue. «Suite à la crise de 2008, l’objectif des banques centrales était de redonner de la vigueur à l’économie, avec des taux d’intérêt très bas et des crédits faciles», avance Roland Gillet, expert international et professeur de finance à la Sorbonne et à l’ULB (Solvay).

Les marchés étaient habitués aux bonnes nouvelles. En décembre 2017, l’indice Dow Jones franchissait même les 24 000 points, un record. Aujourd’hui, cette dynamique semble s’essouffler.

2. Les raisons Les résultats actuels s’expliquent par des facteurs politiques, tels que la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, ou encore les incertitudes liées au Brexit, entre autres. «Les taux d’intérêt sont également en train d’augmenter aux États-Unis, et c’est un élément majeur, assure Bruno Colmant, car on a connu une période de taux d’intérêt très bas pendant 10 ans. Ce changement a une répercussion quasi mathématique sur les cours boursiers.»

3. Un cycle Mais finalement, faut-il s’inquiéter de ces changements? «Je pense que, fondamentalement, il ne faut pas s’inquiéter, car la bourse est faite de périodes de hausse et de baisse, même si les périodes de baisse sont évidemment désagréables. Quelqu’un qui investit et qui paniquerait en se disant: “Maintenant, je vends tout” pourrait faire le mauvais choix. Il faut, au contraire, rester extrêmement calme.»

Même écho du côté de Roland Gillet: «Il y a encore de la croissance, tant aux États-Unis qu’en Europe.» Les personnes qui, dans l’optimisme de ces dernières années, se sont ruées sur certains actifs, à l’exemple des cryptomonnaies, ont sans doute du souci à se faire. «Mais ceux qui ont une politique de long terme et qui n’ont pas été tentés par certaines folies spéculatives peuvent encore faire le gros dos. Il ne faut pas pécher par excès de pessimisme non plus!»

Source: lavenir.net – 03-01-2019