Tout ce qui change ce 1er mai

Voici les quatre mesures qui entrent en vigueur à partir de ce 1er mai:

Entrée en vigueur progressive de la réforme du droit des sociétés

La réforme du droit des sociétés approuvée à la Chambre fin février entrera progressivement en vigueur ce 1er mai. Seront directement concernées les sociétés, associations et fondations nouvellement créées.

L’un des éléments les plus visibles de ce projet est la réduction du nombre de catégories de sociétés de 17 à quatre: « société », « société privée », « société anonyme » et « société coopérative ».

En termes d' »innovations », la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) pointe également le fait que les associations et les sociétés seront régies par un même code, la disparition de la notion de capital, l’introduction de la doctrine du siège statutaire conformément à la jurisprudence européenne ainsi que la possibilité d’une administration duale dans la SA.

Pour les sociétés, associations et fondations existantes, les dispositions contraignantes du nouveau code s’appliqueront au moment d’un opt-in après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi et au plus tard à partir du 1er janvier 2020.

Le diesel professionnel plus cher au Luxembourg qu’en Belgique

A partir du 1er mai, le litre d’essence à la pompe, au Luxembourg, sera taxé d’un centime supplémentaire et le diesel de deux centimes, comme l’a adopté le gouvernement luxembourgeois lors du vote du budget de l’Etat. Cette nouvelle mesure vise à réduire le volume des ventes sur le territoire dans l’optique d’atteindre les objectifs climatiques souscrits dans le cadre des accords de Paris. 

Concrètement, avec cette augmentation, il sera plus profitable aux professionnels du transport de faire le plein en Belgique. A titre d’illustration, à partir du 1er mai, 1.000 litres de diesel coûteront en Belgique 352 euros (après remboursement des accises sur le carburant) contre 355 euros au Luxembourg, selon des chiffres relayés par le journal luxembourgeois L’Essentiel. 

En 2018, le secteur pétrolier a rapporté à l’Etat luxembourgeois environ deux milliards d’euros en accises et TVA sur les ventes de carburants, de tabac, d’alcool et de droits de concession autoroutière, selon le Groupement pétrolier luxembourgeois (GPL).

Un congé de paternité de 10 jours rémunéré pour les indépendants

Dès le 1er mai, les indépendants auront droit à un congé de paternité et de naissance rémunéré de 10 jours.

Ce congé entend répondre aux attentes des travailleurs indépendants en matière de conciliation entre vie privée et vie professionnelle et gommer une différence de traitement dans la sécurité sociale entre les pères salariés et les pères indépendants et les coparents.

Le congé de paternité de 10 jours (fractionnables par demi-jour) pourra être pris sur une base volontaire dans les quatre mois de la naissance d’un enfant, par analogie avec le congé de maternité.Les travailleurs concernés pourront choisir de n’interrompre temporairement leur activité professionnelle que pour une période de maximum huit jours et d’alors bénéficier de 15 titres-services gratuits.

Le coût de la mesure est évalué à 11 millions d’euros sur base annuelle.

Entrée en vigueur du nouveau Plan Formation Insertion en Wallonie

Le nouveau Plan Formation Insertion (PFI) entrera en vigueur à partir du 1er mai. Les demandeurs d’emploi qui ne disposent pas des compétences requises pour une fonction pourront les acquérir en quelques mois de formation au sein d’une entreprise, avec la garantie d’un engagement à la clé.

Cette réforme permettra à l’entreprise de reprendre la main sur le contenu et la durée de la formation en fonction de ses besoins. Ces critères étaient auparavant gérés par le Forem.D’après le ministre wallon de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet, le dispositif a également été simplifié, notamment en ce qui concerne le versement de la prime de formation. Les délais de mise en œuvre seront raccourcis grâce à la simplification du volet administratif et au développement d’outils de gestion modernisés.

Le dispositif sera par ailleurs désormais ouvert aux employeurs publics.

Le Parlement wallon a adopté début avril l’avant-projet de décret relatif au nouveau Plan Formation Insertion.

Source: 7sur7.be – 27-04-2019

Le nouveau Code des sociétés

Le nouveau Code des sociétés : 6 questions essentielles | Securex

Le suspense aura duré jusqu’au bout ! Le nouveau Code des sociétés et des associations a finalement été définitivement approuvé. Dès le 1er mai 2019, les entreprises belges bénéficieront d’un cadre réglementaire plus moderne, plus souple et moins complexe. Plongez-vous dans mon blog précédent pour une mise en contexte complète. J’aborderai ci-dessous, six questions d’actualité brûlantes pour les entrepreneurs concernant les principaux changement suite à cette réforme…

1° Dois-je mentionner « SRL » sur mes documents dès le 1er mai ?

Non. Vous ne devez pas immédiatement indiquer « SRL » à la place de « SPRL » sur vos lettres, factures, sites web, etc. Vous ne devrez le faire qu’après avoir modifié les statuts de votre SPRL pour les mettre en conformité avec le nouveau Code des sociétés. Vous pouvez cependant choisir volontairement la nouvelle appellation et les règles qui vont de pair à partir du 1er mai 2019.
Si vous modifiez vos statuts dès le 1er janvier 2020, pour quelque raison que ce soit (par exemple pour élargir votre objet social ou changer la dénomination de votre société), votre SPRL devra néanmoins adopter le nouveau Code des sociétés et la forme de « SRL ». Si votre entreprise ne fait rien en ce sens, la conversion sera automatique le 1er janvier 2024. Attention : même sans ce cas, vous devrez modifier vos statuts, faute de quoi vous risquez des sanctions. 

2° Puis-je désormais créer une société avec 1 euro de capital ?

Si vous créez une société à responsabilité limitée (SRL) ou une société coopérative (SC) après le 1er mai 2019, vous n’êtes plus tenu de libérer un capital minimum de 18 550 €. Les fondateurs doivent, en revanche, prévoir un capital initial suffisant pour couvrir au moins les 2 premières années d’activité.
Les fondateurs doivent expliciter leur capital initial dans le plan financier qu’ils soumettent au notaire. Si la société fait faillite dans les 3 ans qui suivent sa constitution et qu’elle a été constituée avec un capital initial manifestement insuffisant, un juge peut tenir les fondateurs responsables des dettes de la société.
Dans la SNC et la SCS, le capital initial reste libre. Ces formes de sociétés impliquent, en effet, que les créanciers ont la garantie que les associés actifs sont responsables des dettes de l’entreprise sur leur patrimoine privé. Enfin, la création d’une société anonyme doit, comme par le passé, faire l’objet d’un capital minimal de 61 500 €. 

3° Ma société existe depuis 5 ans ou plus. Dois-je établir un nouveau plan financier ?

Non. Vous devez seulement établir un plan financier à la constitution d’une SRL, SC ou SA. Une société déjà établie n’est donc pas tenue de présenter un nouveau plan financier à la suite de la réforme. Veillez toutefois à suivre de près votre situation financière et, si nécessaire, à rectifier vos plans.
Besoin d’un regard objectif sur votre projet ? Nos business coaches sont à votre service pour vous proposer leurs conseils financiers !

4° Puis-je résilier dès maintenant l’assurance en responsabilité de mon administrateur ?

Selon le nouveau Code, la responsabilité des administrateurs sera plafonnée entre 125 000 et 12 millions d’euros, en fonction du chiffre d’affaires et du total du bilan de la société. Le législateur a ainsi voulu rendre l’exercice d’un mandat d’administrateur plus attractif. Mais cela n’aura probablement que peu ou pas d’impact sur l’assurabilité du risque. Après tout, il existe une forte concurrence entre les assureurs, ce qui permet déjà à une PME de souscrire facilement une police avec des primes très abordables. De plus, la réforme ne concerne que les entreprises belges et non leurs succursales étrangères. Il est toutefois concevable que les entreprises demandent à abaisser les limites assurées, avec une réduction de prime.

5° Puis-je facilement tirer de l’argent de mon entreprise ?

Dans les nouvelles SRL et SC, les actionnaires peuvent décider de se répartir une part des bénéfices. Mais une telle distribution ne peut en aucun cas menacer la survie de l’entreprise. Pour compenser la disparition du capital minimum, le législateur a donc introduit deux tests préliminaires : le test de bilan et le test de liquidité.
En termes simples, le test de bilan signifie que les fonds propres ne peuvent tomber sous zéro. Le test de liquidité induit que l’entreprise doit encore être en mesure de payer ses dettes au moins pendant les douze prochains mois.

6° Dois-je changer mes statuts quoi qu’il arrive ?

Certaines formes de sociétés, comme la société agricole et la SCRI, vont disparaître. D’autres sociétés, notamment la SRL, la SC et la SA, vont changer en profondeur. Si votre société est constituée sous l’une de ces formes, elle devra procéder à une modification de ses statuts pendant la période transitoire.
Pour toute société, cette réforme est aussi le moment idéal de s’assurer que ses statuts apportent une réponse claire à toutes les situations conflictuelles possibles. La cession des parts est-elle bien organisée en cas de décès ou de départ ? De quelle latitude dispose un administrateur ? Quels sont les droits conférés par les parts et quelles décisions les associés ne peuvent-ils prendre qu’à la majorité spéciale ? Un pacte d’actionnaires serait-il recommandé ?

Source: Securex

Les citoyens récoltant 25.000 signatures pourront saisir la Chambre

La Commission de l’Intérieur a approuvé lundi la réforme du droit de pétition. Le texte prévoit un minimum de 25.000 signatures pour figurer à l’ordre du jour de la Chambre. Un pas symbolique vers plus de participation citoyenne, mais les députés gardent le plein pouvoir.

La mesure est un peu passée sous les radars médiatiques, malgré un matraquage des députés verts sur les réseaux sociaux. C’est pourtant une réforme symbolique pour la démocratie: les citoyens pourront déposer à la Chambre un texte qui aura récolté plus de 25.000 signatures et venir en débattre avec les représentants politiques en commission.

Adopté par une large majorité, à l’exception de la N-VA, le texte devrait rentrer en application à la prochaine législature.

Comment ça marche? Pratiquement, tout citoyen belge pourra lancer un projet de pétition. Pour prétendre au suivi législatif, le texte devra récolter les 25.000 signatures selon une clé de répartition proportionnelle à la population belge: 14.500 signataires domiciliés en Région flamande, 8.000 en Wallonie et 2.500 à Bruxelles. « Nous nous sommes inspirés du système européen qui demande la signature de 0,5% des citoyens. Ici, nous sommes à 0,23%« , explique Gilles Vanden Burre (Ecolo), l’un des porteurs du projet de loi. Une fois signée, la pétition sera alors soumise au président de la Chambre qui évaluera sa recevabilité. Si elle est validée, la proposition pourra être débattue par la commission de tutelle. Pour accéder à la séance plénière de la Chambre, il faudra toutefois qu’un parlementaire s’en empare et porte le texte.

La loi actuelle autorise les pétitions, mais n’impose pas aux députés d’en débattre. « Aujourd’hui, quand vous envoyez une pétition au président de la chambre, vous recevez une belle lettre pour vous dire que la Chambre s’en occupe mais, dans la grande majorité des cas, cela reste lettre morte« , avance le député Ecolo.

Quels sujets pourront être abordés? Tous, à condition de respecter le droit belge et la Convention des droits de l’homme. Impossible, par exemple, de discuter le rétablissement de la peine de mort.

Autre condition: intégrer les compétences fédérales, comme ce qui touche au climat. Un moyen pour Ecolo de remettre les enjeux climatiques à l’agenda, en comptant sur la mobilisation citoyenne? « Nous nous exposons surtout au risque de voir une pétition sur le rétablissement des centrales nucléaires s’imposer au débat« , tempère le député.

« La victoire des verts se situe dans le ralliement des autres partis derrière un combat qu’il porte depuis au moins les années 1990. Les questions de démocratie occupent le débat depuis les affaires Publifin, notamment. Mais Ecolo, Groen, et avant eux l’Agalev le portent depuis plusieurs années« , souligne Benjamin Biard, chercheur au Crisp, qui voit dans la clé de répartition un autre garde-fou: « On imagine mal les questions communautaires s’inviter en commission via les citoyens. Il serait peu probable, voire carrément impossible, que les causes indépendantistes soient ralliées par les deux côtés de la frontière linguistique.« 

Pas de démocratie directe

« Nous souhaitons transformer le droit de pétition en une initiative citoyenne à part entière afin que les citoyens puissent inscrire des thèmes à l’ordre du jour politique » explique le texte en guise de préambule. Le droit à la pétition n’a en effet rien de neuf en Belgique. Prévu par l’article 28 de la Constitution, il rend possible la soumission de pétition au président de la Chambre, sans toutefois obliger les débats. La grande majorité de ces propositions restent d’ailleurs lettre morte. Avec ce texte, obligation de débat, donc, mais pas de force contraignante. « Il ne s’agit pas des initiatives populaires comme en Suisse, ou moyennant 100 000 signatures, un vote est décrété et le résultat a une force contraignante » explique Benjamin Biard. Le texte prévoit en effet la seule discussion des sujets et/ou propositions. « C’est très certainement un pas de plus pour la démocratie participative, très en vogue pour le moment« , souligne le chercheur.

Avec toutefois ses limites. La Chambre conserve en effet son plein pouvoir, et le texte déposé devra suivre le chemin législatif habituel. « On voit ici que l’on garde le processus démocratique représentatif. On n’est pas du tout dans la même logique que les référendums d’initiative citoyenne et le principe de démocratie directe, dont on parle beaucoup en France actuellement. Ici, le politique conserve les pleins pouvoirs. » Un constat que partage Gille Vanden Burre: « L’idée est de faire rentrer le citoyen dans les lieux de pouvoirs, de lui donner la parole. Pour arriver à un modèle où il puisse voter en séance plénière par exemple. Nous, nous aimerions aller plus loin, mais il faudrait pour cela réviser la Constitution.« 

Le texte devrait être adopté en séance plénière la semaine prochaine, et entrer en application pour la prochaine législature.

Source: lecho.be – 17-04-2019

Téléchargement illégal : ce que dit la loi en Belgique

Véritable plaie pour les auteurs et producteurs, le téléchargement illégal reste un élément clé de la culture Internet. Un reflex pour certains, un accès à la culture pour d’autres. Chacun a sa propre excuse pour en profiter, pourtant le téléchargement illégal est par définition illicite, et ce, même chez nous. D’ailleurs, que prévoit la loi en Belgique pour ce genre de sujet ?

Avant toute chose, il est important de bien distinguer les plateformes légales et illégales de streaming et de téléchargement. Les plateformes telles Spotify ou Apple Music, Netflix ou Disney+ et Apple TV+ sont des services de streaming en ligne payants qui donnent accès légalement à un ensemble d’œuvres soumises aux règles du copyright. 

Des accords entre ces services et les créateurs de contenu sont établis afin de distribuer musiques et films et les mettre à disposition du public. Les contrats liant les deux parties indiquent quelle rémunération les créateurs, auteurs et producteurs recevront de la part de ces plate-formes pour diffuser leurs créations. Les contrats – et donc l’accord des auteurs – est ce qui différencie en grande partie la légalité – ou non – de ces plateformes.

Le téléchargement illégal

D’un point de vue juridique, la loi belge définit clairement ce qu’est le télécharger illégal. Il correspond à faire l’acquisition d’une eouvre mise en ligne sans l’accord de son auteur. Une acquisition qui laisse une trace informatique sur la machine, qui crée une copie de l’oeuvre.

Cet acte est illégal dans le sens où il ne respecte pas plusieurs aspects des droits d’auteur ; notamment son choix de mettre oui ou non à la disposition du public son oeuvre ainsi que les conditions de cette mise à disposition.

L’exception de la copie privée pourrait être soutenue ici, mais si le fichier copié dépasse le cadre familial, ou outrepasse le cadre de la copie privée. De plus, la copie privée n’est considérée comme légale que lorsque la personne a fait l’acquisition légalement d’un contenu soumis aux règles du droit d’auteur. Le téléchargement en ligne n’est donc pas, en théorie, apparenté à cette définition.

Ce qui est pointé du doigt par la loi est la mise à disposition d’oeuvres protégées en vue de faciliter son accès à des tiers. Sur un site Internet, on peut retrouver et télécharger des films et musiques gratuitement.

En Belgique, ce genre de comportement est interdit, mais le sujet est très complexe. Tout d’abord, il faut se demander quel individu est dans l’illégalité? Celui qui télécharge ou celui qui poste le fichier à télécharger qui est juridiquement condamnable ?

Dans les faits, la loi belge condamne la mise à disposition d’œuvres sans l’accord de son auteur ou de ceux qui exploitent les droits. Les individus qui risquent des poursuites judiciaires sont donc ceux qui partagent illégalement des fichiers sur Internet et non ceux qui les téléchargent. Mais il ne faut pas croire que ce dernier ne risque rien.

En effet, la loi indique qu’un individu qui télécharge illégalement des œuvre protégées s’expose à des sanctions telles qu’une peine de prison 3 mois à 3 ans, une amende allant de 500 à 500.000 euros, ainsi qu’une confiscation et la destruction des marchandises saisies.

Malheureusement, chasser les téléchargeurs impliquent énormément de moyens et peuvent parfois entrer en contradiction avec la protection des données personnelles, c’est pourquoi les principales investigations contre le téléchargement illégal se concentrent sur les sites hébergeurs. La cyberpolice tentent d’identifier et de démanteler les auteurs derrière les sites Internet qui mettent illégalement à disposition des fichiers téléchargeables. La plupart du temps, les créateurs de ces sites se cachent en modifiant leur adresse IP. Si leur site est fermé, les pirates vont simplement recréer leur site sous une nouvelle adresse URL.

Pour l’instant, aucune poursuite n’a été intentée en Belgique contre un internaute qui aurait téléchargé un film ou un album en ligne. Un point qui pourrait évoluer, la Belgique pourrait de ce fait serrer la vis.

En France ou en Allemagne, ce n’est pas la même chose. Ceux qui téléchargent peuvent être poursuivis en justice. Une manière de sensibiliser à la contrefaçon et d’essayer de limiter les téléchargements légaux en vue de protéger les auteurs et leurs droits.

Mais les choses pourraient changer en Belgique à cause de la pression de l’Union européenne qui souhaite trouver un moyen de réprimander le téléchargement illégal tout en respectant les données personnelles des internautes. 

Heureusement, il existe des alternatives aux téléchargements illégaux via des plate-formes de films et musiques mises à disposition légalement au public.

Source: lesoir.be – 14-04-2019

Notre-Dame de Paris: une entreprise wallonne appelée à la rescousse

L’entreprise Artbois, installée à Etalle (province de Luxembourg) et spécialisée dans la charpente lamellée-collée, était en effervescence mardi après-midi. 

La société a été réquisitionnée d’urgence par un coup de téléphone à 14h00 d’un opérateur parisien, afin de livrer sans délai dans la capitale française 10 poutres de consolidation pour les murs de la cathédrale Notre-Dame, touchée par un important incendie lundi. « Tout le monde est sur le coup », raconte Patrick Vanhorenbeeck, qui a créé cette entreprise 100% wallonne il y a 28 ans. Artbois, spécialisée dans les ouvrages d’exception, a déjà contribué à des projets de rénovation de monuments historiques, mais « travailler dans une telle urgence, c’est du jamais vu! », souligne son patron.

La livraison concerne 10 poutres de 20 mètres sur 1m20, qui serviront à consolider la structure restante de la cathédrale, « pour éviter que la situation ne s’aggrave ».

« Vu le court délai, nous avons dû détourner en urgence des commandes en cours », ajoute-t-il. Une dizaine d’employés sont sur le pont pour charger les camions de l’entreprise, mardi après-midi. Un convoi exceptionnel partira ensuite dès que possible, avec une arrivée prévue à Paris aux environs de 4h00 ou 5h00 du matin mercredi. Sur place, des grues sont actuellement installées pour placer ces charpentes made in Wallonie. Vu la difficulté d’accès avec un tel convoi, des contacts sont également en cours avec la préfecture de police locale afin d’obtenir les autorisations et blocages nécessaires pour amener ces poutres à destination.

« En tant que charpentiers, nous avons aujourd’hui la gorge nouée », réagit Patrick Vanhorenbeeck. « Il s’agissait d’une des plus belles charpentes du monde. Il faut faire le maximum pour préserver ce qui reste. »

Source: lalibre.be 16-04-2019

Les bons tuyaux à trois milliards d’euros d’Aliaxis

Il est belge, pèse 3 milliards, est présent dans 45 pays et compte 16.000 emplois, mais est inconnu sous nos latitudes: il s’appelle Aliaxis et produit des tuyaux pour l’énergie et l’eau. Son CEO Laurent Lenoir répond à toutes nos questions sur ce géant discret.

Créé au départ d’une scission du groupe de matériaux Etex il y a quinze ans, Aliaxis s’est taillé un petit empire dans le secteur des tuyaux destinés à transporter l’énergie et l’eau. En toute discrétion, ce groupe belge est devenu un ensemble intégré de poids au niveau mondial. Visite guidée en écoutant son CEO Laurent Lenoir.

Aliaxis communique rarement. Le fait que vous le fassiez aujourd’hui indique-t-il qu’une entrée en Bourse serait en préparation?
Non, ce n’est pas à l’ordre du jour.

Pas même à long terme?
À long terme, on ne peut jamais l’exclure. La société a beaucoup d’atouts, des opportunités de croissance dans un marché porteur… Mais actuellement, cela ne fait pas partie des objectifs de la société.

Pourquoi avez-vous décidé de communiquer? Parce que vous avez mené à bien votre plan de transformation?
Oui. Il importe pour nous d’avoir plus de visibilité. Et attirer les talents est aussi essentiel. Nous saisissons cette opportunité pour mieux faire connaître tout ce qu’il se passe à l’intérieur de la société.

Ce plan de transformation a-t-il été lancé à votre arrivée à la tête d’Aliaxis?
Oui, je suis arrivé ici il y a quatre ans. Auparavant, je travaillais déjà dans l’industrie chimique en Belgique. J’avais dirigé Taminco durant cinq ans. Aliaxis est une jeune société, créée il y a 15 ans. Il y avait quelques activités liées au plastique dans le giron du groupe Etex, mais c’était un marché différent du reste de son business et cela faisait donc sens de donner une autonomie à cette branche, pour lui permettre de se développer. La scission effectuée en 2003 s’est avérée très bénéfique car grâce à une série d’acquisitions, Aliaxis a crû très rapidement, jusqu’à atteindre une taille de 3 milliards d’euros. Cela a été le fil conducteur de la stratégie de l’entreprise dans un premier temps, avec un holding au sommet et des filiales présentes localement, disposant de leur densité propre. Notre philosophie: on était une entreprise familiale, on rachetait d’autres entreprises familiales auxquelles on donnait une certaine autonomie et auxquelles on permettait de se développer dans leur marché respectif, mais sans qu’il y ait d’intégration. Ce modèle a très bien fonctionné, jusqu’au moment où le conseil d’administration a jugé que l’ensemble commençait à présenter une grande complexité (on comptait une cinquantaine d’unités différentes). D’où l’idée de créer un groupe industriel plus intégré, qui bénéficierait des économies d’échelle, qui pourrait mettre en commun les développements menés de manière indépendante et isolée, et qui permettrait de partager les meilleures pratiques pour permettre à tout le monde de s’élever. C’est ce projet qui m’a attiré à l’époque. Cela et la vision d’entrepreneur industriel à long terme partagée par la famille actionnaire.

Quel bilan avez-vous tiré de cet examen?
Il y avait des entités fortes au niveau des filiales (en France par exemple, la marque importante était Nicoll, au Canada, Ipex, en Australie, Vinidex, etc.), mais Aliaxis en soi n’avait pas d’identité marquée. La première étape a donc consisté à créer cette identité. On s’est demandé quel est le fil conducteur, ce qui unit toutes les sociétés du groupe? Le lien commun, c’est leur cœur de métier, la production et la fourniture de tuyaux et raccords plastiques. Et à la fin, indépendamment des marchés où l’on est présent, on est tous là parce qu’on connecte les gens avec l’eau et l’énergie. Nous opérons dans le transport des fluides: 80% de ce qu’on fait a trait au transport de l’eau et 20% à celui de l’énergie, que ce soit à l’intérieur de la maison (la construction fait 40% de nos activités), dans l’infrastructure des villes et des campagnes (plus de 30%) ou pour des applications industrielles (15 à 20%): traitement des eaux, industrie minière et chimique. Sans oublier un segment agricole, pour tout ce qui est lié à l’irrigation (8%). Notre but commun se résume par la formule: « We Make Life Flow » (soit, « Nous faisons couler la vie », NDLR). En partant de là, on a défini des valeurs communes en termes de collaboration, de vitesse, d’agilité, tout en gardant la connexion avec l’innovation et l’intégrité. Ce mélange de valeurs et de visions nous a donné la base pour bâtir une culture commune.

Avez-vous aussi redéfini votre identité en termes de marque?
Nous avons ensuite développé une stratégie, avec un nombre d’initiatives clés aux niveaux commercial et opérationnel pour aligner les différentes entités du groupe, créer des plateformes transversales où échanger et dessiner une identité autour d’Aliaxis. Cela s’est matérialisé dans une nouvelle architecture de marques: nous avons gardé quelques marques commerciales, toutes adossées à Aliaxis, la marque corporate. Parallèlement, nous évoluons d’une société qui fournit des produits vers une société offrant des systèmes, voire des solutions complètes. Nous avons aussi procédé à des acquisitions dans ce domaine-là, comme Studor, en Angleterre, qui nous a permis de disposer d’une technologie supplémentaire. Et nous continuons à enrichir notre portefeuille pour avoir une offre de plus en plus complète sur le marché.

Ce plan de transformation est-il terminé aujourd’hui?
Une transformation n’est jamais terminée, mais nous avons bien avancé. Sur les quatre dernières années, Aliaxis a fort évolué. Et nous allons continuer à le faire. Un des bénéfices qu’on retire de la mise en commun de nos capacités est qu’on peut développer des approches plus innovantes, qui nous différencient davantage: avant, on avait une cinquantaine de centres qui faisaient de l’innovation, mais c’était surtout l’amélioration de projets existants.

Tandis qu’aujourd’hui, vous n’avez plus qu’un seul centre de recherche…?
Nous n’aurons plus que trois centres de R&D: un au Canada, car historiquement on avait là un centre très performant, un autre en France, pour la même raison, et nous avons décidé de construire un troisième centre en Inde. Il y a six ans, Aliaxis a pris la majorité (60%) dans une joint-venture en Inde, le groupe Ashirvad, et nous en avons racheté l’an passé les autres 40%. Cette société se développe très vite et très bien, sachant que l’Inde est pour nous un marché stratégique et porteur.

Le centre de R&D indien sera-t-il installé dans cette société?
Oui. Initialement, Ashirvad était basée à Bangalore, dans le sud de l’Inde où beaucoup de sociétés multinationales ont investi en R&D et où on trouve beaucoup de capacités dans le digital. Nous allons déployer notre activité digitale là-bas. Avec Ashirvad, nous étions présent jusqu’ici dans l’activité Construction, mais nous allons aussi nous développer avec eux dans les segments Industrie et Infrastructure. On enregistre là-bas des croissances à deux chiffres, nous croyons beaucoup dans ce marché dans lequel on investit fortement.

Le rachat des 40% restants représente un montant assez colossal, de plus de 400 millions d’euros. Cela fait combien de fois votre ebitda?
Nous ne communiquons pas sur le prix de nos acquisitions, mais je peux vous confirmer que cela reste raisonnable par rapport à ce qui se fait dans le marché. Et puis cela génère beaucoup de cash-flow.

Ashirvad a-t-il été jusqu’ici votre plus grosse acquisition?
Oui. Les premiers 60% n’étaient pas au même prix, il faut faire une moyenne, mais c’est un excellent investissement pour le futur: une plateforme de croissance sur le marché indien, où Ashirvad est aujourd’hui le leader. A la différence des autres marchés où les marques sont plutôt connues des professionnels, en Inde la marque est connue du grand public. La maison est très importante dans ce pays, où beaucoup de personnes accèdent maintenant à la propriété: pour eux, avoir des matériaux de qualité est crucial, et nous jouissons d’une image très forte là-bas. Ashirvad a commencé à grandir dans le sud, où nous exploitons deux usines, mais devient de plus en plus national: nous avons ouvert une nouvelle usine dans le nord de l’Inde l’an passé, qui tourne déjà à 80% de sa capacité. Et nous sommes en train d’en ouvrir une quatrième dans l’est.

Avez-vous aussi des objectifs en termes de leadership?
Absolument. Aliaxis est très diversifié non seulement géographiquement (on est actif dans 45 pays, sur tous les continents, avec une position de leader en Australie, Nouvelle-Zélande, Inde, France, Amérique centrale, Canada, et avec une forte présence aux Etats-Unis), mais aussi en termes de marchés: nous sommes présents partout dans nos quatre domaines d’activités. Compte tenu de cette diversité, nous devons choisir les marchés où nous voulons être leader. C’est l’un de nos trois axes stratégiques: se positionner sur des marchés où l’on peut être n°1 ou n°2. Nous voulons soit renforcer le leadership qu’on a déjà, soit l’acquérir à court terme, par croissance organique ou externe. Ces trois dernières années, on s’est consacré à renforcer notre position en Inde et on a effectué quelques petites acquisitions technologiques comme Studor, mais par rapport au rythme d’acquisition des années précédentes, on s’est davantage concentré sur notre organisation interne. À présent, Aliaxis va recommencer à se montrer plus actif dans le domaine des acquisitions, dans le but de renforcer ses positions de leadership ou d’ajouter de nouvelles technologies dans ses métiers.

Ce faisant, allez-vous faire encore monter votre taux d’endettement net, qui se situe à 775 millions d’euros ou 1,9 fois votre ebitda?
Nous allons aussi créer plus de profit. Les deux vont se compenser. Nous sommes une société familiale, il y a une certaine prudence en termes de niveau d’endettement. Nous allons continuer à croître tout en gérant celui-ci en bon père de famille.

Un mot sur votre actionnariat…
Ce sont les familles belges qui sont les actionnaires principaux.

Les familles Emsens et leurs proches?
En effet, leur cinquième génération. C’est une large famille aujourd’hui, mais qui reste très proche de l’activité des sociétés.

Y a-t-il des liens industriels avec Etex?
Non. Nous opérons dans des domaines très différents. Si des opportunités se présentent, on va les saisir, mais a priori les possibilités de synergies resteront limitées.

Où sont situées vos unités de production?
Nous possédons une centaine d’unités de production. Historiquement, chaque pays avait ses propres usines. Nous développons deux types de produits: les raccords et les tuyaux. Les raccords sont des produits plus petits, avec une plus forte valeur ajoutée, qui se transportent plus facilement. Ils sont faits par injection, avec des presses et des moules à forte pression, au départ de différents types de polymères en fonction des applications. Quant aux tuyaux, ils sont faits par extrusion. Dans un tuyau, il y a beaucoup d’air: le périmètre pour servir le marché est donc plus limité, il faut avoir une présence plus locale.

Détenez-vous des unités de production en Belgique?
Non. Aliaxis a grandi par acquisitions, s’il y avait eu la possibilité d’en faire une en Belgique, on l’aurait fait, mais cela ne s’est pas matérialisé. Nous avons notre centre et notre quartier général ici, à Bruxelles, qui a pris de l’ampleur avec la transformation, tout en restant le plus agile possible. L’idée n’est pas non plus que le centre se substitue à ce qu’on doit faire au plan régional ou local, mais plutôt qu’il offre un support en complément des capacités qu’on a sur place. Nous détenons la marque Nicoll, qui est venue en Belgique. Nous participons à des projets en Belgique, comme l’extension de l’hôpital de Liège…

Où se trouvent les usines les plus proches?
En France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Angleterre… Tout autour de nous.

Vous comptez un peu plus de 16.000 emplois. Combien en Belgique?
Environ 140: les gens du quartier général et ceux de Nicoll.

Allez-vous maintenir le quartier général en Belgique?
Oui, bien sûr. Il y a une proximité géographique avec l’actionnaire, ce qui est très bénéfique. On a investi dans les bureaux, pour attirer des gens dont les valeurs correspondent aux nôtres et qui se retrouvent dans notre volonté de créer quelque chose, et où l’on permet à chacun d’avoir une autonomie et un impact. C’est un des charmes d’Aliaxis: tout en étant une société de 3 milliards, on peut faire des projets ayant beaucoup d’impact et chacun, individuellement, peut être reconnu pour cela sans être noyé dans une masse.

Vos résultats 2018 sont bons, sauf effet de changes: la bonne interprétation?
Oui, mais les fondamentaux sont là. 2017 avait été une année record. En 2018, on consolide les résultats et on voit qu’on crée davantage de croissance organique. Nous avons pour objectif de doubler la taille de la société dans les dix ans à venir. Il y a beaucoup d’opportunités dans ce secteur. Si l’on investit plus dans l’innovation et qu’on s’appuie sur nos positions de leadership en incluant davantage de digital pour se positionner différemment dans la chaîne de valeur, on a tous les atouts.

On a envie de vous demander: où est dès lors la limite pour Aliaxis?
La première limite est que nous voulons faire les choses de manière pragmatique, pour permettre à la société de se développer sans la mettre à risque. Et puis se positionner sur les bons marchés. Le marché de la construction présente une certaine cyclicité; grâce à notre diversification, nous essayons de diminuer ce risque au maximum. Concernant les tendances d’avenir, on est à un vaste carrefour: songez aux défis que pose l’urbanisation, avec 70% de la population mondiale déjà liée aux villes, à ceux de l’eau, dont les ressources se font plus limitées avec l’augmentation démographique, à ceux liés au changement climatique, avec la multiplication de crises dues à des situations de trop, ou de trop peu d’eau, aux smart cities qui voient le jour, avec des bâtiments plus verts et davantage de recyclabilité des produits. Tous ces défis sont des opportunités pour nous. Nous nous situons à un carrefour de tendances qui sont en train de définir le monde à venir.

Source: lecho.be – 14-04-2019

Premier vol aux États-Unis du Stratolaunch, le plus grand avion du monde

La société américaine Stratolaunch a annoncé, ce samedi, avoir effectué le premier vol d’essai du plus grand avion du monde, dont l’envergure est plus grande de près de moitié de celle d’un Airbus A380. Le vol a eu lieu au-dessus d’un désert californien.

L’étrange appareil, construit par la mythique société d’ingénierie aéronautique Scaled Composites dans le désert du Mojave, a deux fuselages et est propulsé par six moteurs de Boeing 747.

Il doit servir, en théorie, à emporter et larguer en altitude une petite fusée qui allumera alors son moteur, et se propulsera vers l’espace pour placer des satellites en orbite. C’est une méthode d’accès à l’espace plus souple que les décollages de fusées à la verticale, car il suffirait d’une grande piste de décollage.

L’avion Stratolaunch a décollé de l’aéroport et «spatioport» de Mojave, en Californie, à 6 h 58 heure locale (13 h 58 GMT), et est resté en l’air pendant deux heures et demie, a annoncé la société dans un communiqué dimanche. Jusqu’à présent, l’avion n’avait fait que des essais de roulage au sol.

La vitesse maximale durant le vol a atteint de 304 km/h (189 miles par heure, selon Stratolaunch), et l’avion est monté jusqu’à 17 000 pieds, soit 5 182 mètres.

«Quel premier vol fantastique», s’est félicité le directeur général de Stratolaunch, Jean Floyd. «Le vol d’aujourd’hui fait avancer notre mission de proposer une solution alternative flexible aux systèmes de lancement au sol».

L’envergure de l’engin, 117 mètres, est plus grande qu’un terrain de football. Un Airbus A380 mesure 79,75 mètres d’envergure.

Stratolaunch était financée par un cofondateur de Microsoft, Paul Allen, afin de devenir un nouvel acteur du marché des lancements de petits satellites. Mais le décès de M. Allen, en octobre 2018, rend incertain l’avenir du Stratolaunch.

Source: lavenir.net – 14-04-2019


La Géorgie veut faire pousser des vignes sur Mars

Un verre de blanc après une journée d’exploration martienne? Fière de sa tradition viticole millénaire, la Géorgie a décidé de la prolonger au-delà de la surface terrestre: ce pays du Caucase veut devenir le premier à faire pousser des vignes sur le sol aride de Mars.

Si l’idée semble relever de la science-fiction, elle vise à étudier la possibilité de cultures sur cette planète où les Américains ont promis d’envoyer des hommes dans les décennies à venir, mais aussi à adapter l’agriculture sur terre aux conséquences du réchauffement climatique.

« Les Géorgiens ont été les premiers viticulteurs de l’Histoire et maintenant, nous espérons devenir des pionniers dans la viticulture sur une autre planète », assure Nikoloz Doborjguinidzé, cofondateur de ce projet ambitieux.

Les premières traces de production de vin datent d’il y a 8.000 ans dans ce pays coincé entre les montagnes du Caucase et la mer Noire et qui bénéficie d’un climat tempéré idéal pour la culture viticole.

Fort de cette tradition, un groupe de chercheurs et d’entrepreneurs géorgiens se sont alliés pour répondre à un appel de la Nasa à imaginer une « présence humaine durable » sur Mars. Objectif: produire sous serre des variétés de vigne et de raisin pouvant être cultivées sur la planète rouge… et donner au passage une dimension interplanétaire à l’industrie viticole géorgienne.

Le projet, nommé IX Millenium, est chapeauté par un consortium comprenant l’agence géorgienne de recherche spatiale, l’Université de commerce et de technologie de Tbilissi, le Musée national et une entreprise baptisée Space Farms.

La Nasa ambitionne d’envoyer dans les 25 ans à venir une mission habitée sur la quatrième planète en partant du Soleil, tandis que le milliardaire Elon Musk et sa compagnie SpaceX comptent l’atteindre avec le futur vaisseau Starship.

– Résultats « concluants » –

L’une des scientifiques associées au projet géorgien, la biologiste Marika Tarasachvili, s’occupe de développer une bactérie qui pourrait transformer le sol aride et poussiéreux de Mars en terres fertiles, et assure avoir déjà obtenu des résultats « concluants » dans ses recherches.

Les scientifiques ont collecté des bactéries de régions de Géorgie disposant d' »écosystèmes extrêmes », dont des sources d’eau chaude, et affirment avoir créé des souches de bactéries capables de résister aux rudes conditions martiennes.

L’idée, à long terme, est de transformer le sol martien sans vie en terrain « sur lequel les futurs colons pourront être à même de faire pousser des plantes », affirme Mme Tarasachvili en recevant l’AFP dans son laboratoire à Tbilissi.

Les chercheurs s’occupent aussi de tester la peau des 525 variétés de raisin présentes en Géorgie pour déterminer laquelle résistera le mieux aux niveaux élevés de rayonnement ultraviolet frappant la surface de Mars. Selon les résultats préliminaires, il s’agirait du rkatsiteli, l’un des plus anciens cépages connus, utilisé pour faire du vin blanc aux accents de pomme verte.

– « Informations vitales » –

« Dans le futur, les colons sur Mars seront en mesure de faire pousser des plantes directement sur le sol de Mars. Mais nous devons d’abord créer un modèle de serre complètement contrôlable et durable », explique Toussia Garibachvili, fondatrice de la firme Space Farms qui participe au projet.

Space Farms développe un laboratoire agricole destiné à devenir « la technologie idéale pour l’agriculture martienne du futur ». Situé dans un hôtel de Tbilissi, la capitale géorgienne, les plantes y poussent à la verticale par couches superposées et dans un environnement à température, lumière et humidité contrôlées.

La prochaine étape sera de tester les variétés de raisin géorgiennes dans un environnement simulant celui de Mars, à l’intérieur d’un laboratoire en cours de construction à l’Université de commerce et technologie de Tbilissi.

« Les plantes seront soumises à des températures négatives, à des hauts niveaux de radiation et de monoxyde de carbone, ainsi qu’à une forte pression atmosphérique », résume la rectrice de l’université, Nino Enoukidzé.

« Au-delà du rêve martien, nos expériences fournissent des informations vitales alors que l’humanité est confrontée à une multitude de défis environnementaux », poursuit Mme Enoukidzé. « Nous serons capables d’identifier et de cultiver des cultures alimentaires résistantes aux problèmes causés par le changement climatique ».

Source: lalibre.be – 09-04-2019

Les glaciers des Alpes risquent de fondre à 90% d’ici 2100

Les glaciers des Alpes risquent de fondre à plus de 90% d’ici la fin du siècle si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, selon une étude publiée mardi. Les quelque 4.000 glaciers alpins, attraits touristiques qui fournissent aussi de l’eau en été à des millions de personnes, sont menacés par les émissions liées à l’activité humaine.

Une équipe de chercheurs suisses a utilisé des modèles climatiques couplées à des mesures des glaciers pour estimer leur évolution selon divers scénarios de réchauffement.

Si les émissions atteignent un plafond d’ici quelques années avant de rapidement diminuer jusqu’à 2100, seulement un tiers du volume de ces glaciers survivrait.

Mais si les émissions continuent à leur rythme actuel, la prédiction est encore plus sombre. « Dans ce scénario pessimiste, les Alpes pourraient être quasiment privées de glace d’ici 2100, avec seulement quelques morceaux isolés en haute altitude, qui représenterait 50% ou moins du volume actuel », explique Matthias Huss, chercheur à ETH Zurich et coauteur de l’étude.

Et quels que soient les efforts faits pour réduire les émissions, les Alpes perdront au moins la moitié de leurs glaciers, mettent en garde ces scientifiques, soulignant l’importance de ces géants de glace.

« Un glacier est un réservoir. Un glacier en bonne santé fond en été et grossit en hiver. Cela veut dire qu’aux périodes où les gens ont le plus besoin d’eau, ils l’obtiennent du glacier », souligne à l’AFP Harry Zekollari, de l’Université de technologie de Delft, aux Pays-Bas.

« Si les glaciers disparaissent, vous perdez ces réservoirs. Dans les Alpes c’est peut-être supportable, mais dans les Andes ou l’Himalaya, des milliards de personnes ont vraiment besoin de cette eau », poursuit-il, notant également les risques d’inondations, de glissements de terrain et l’impact sur le tourisme.

Les glaciers des Alpes contiennent environ 100 km3 de glace, soit l’équivalent de 400 millions de piscines olympiques. Mais ils ne sont pas les seuls à fondre.

Une autre étude publiée lundi dans Nature estime que la fonte des glaciers dans le monde entier s’est accélérée ces trois dernières décennies.

Les glaciers ont perdu 9.000 milliards de tonnes de glace entre 1991 et 2016, entraînant une élévation de 2,7 cm du niveau de la mer, selon l’Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) qui a participé à l’étude.

Les glaciers ayant le plus contribué à cette augmentation sont ceux de l’Alaska, puis ceux de Patagonie et des régions arctiques. Ceux des Alpes, plus petits, n’ont joué qu’un rôle « mineur ».

« Globalement, nous perdons chaque année environ trois fois le volume de glace stocké dans l’ensemble des Alpes européennes », a commenté le glaciologue Emmanuel Thibert.

Soit 335 milliards de tonnes par an, ce qui représente aujourd’hui 25 à 30% de l’augmentation du niveau de la mer à l’échelle mondiale, même si le potentiel des calottes glacières du Groenland et de l’Antarctique pour faire monter le niveau des Océans est bien plus important.

Source: lalibre.be – 09-04-2019

La bière congolaise à la conquête du marché belge

Disponibles en Belgique depuis la fin 2018, la Simba et de la Tembo, des bières congolaises, semblent faire l’unanimité.

Si la bière est un des premiers produits d’exportation de la Belgique,notre pays importe depuis décembre 2018 de la bière « made in Congo ». Il s’agit de la Simba (blonde) et de la Tembo (ambrée). Ces noms seront sans doute familiers à ceux qui connaissent le Congo, puisqu’il s’agit des bières les plus couramment consommées là-bas. On peut carrément parler de boisson nationale.

Baudouin Peeters est l’importateur de la Simba et de la Tembo en Belgique. « L’idée a germé en juin 2017, lors du périple Bike for Comequi, qui avait rassemblé une série de chefs d’entreprise belges pour une action humanitaire au Congo. Nous étions conquis par la qualité de ce qui est un des rares produits finis du Congo. Sans attendre, nous avons conclu un contrat de licence avec le brasseur de Lubumbashi. » Résultat: en moins de trois mois, trois conteneurs de Simba et de Tembo ont été débarqués au port d’Anvers et ont tout de suite trouvé preneur.

Ce succès commercial s’apparente en quelque sorte à un retour aux sources. Au début du XXe siècle, les colons belges faisaient acheminer de Belgique par bateau la bière qu’ils consommaient sur place. Avec le blocus maritime de la Première Guerre mondiale, les bateaux n’arrivaient plus au Congo. Les Belges présents sur place ont décidé de fabriquer eux-mêmes leur bière. Ainsi est née, après quelques années de mise au point, la Simba en 1925, suivie de la Tembo en 1950.

Ces bières possèdent deux propriétés intéressantes, explique Baudouin Peeters: « D’une part, elles sont fabriquées à base de maïs, ce qui les rend très digestes. D’autre part, l’eau utilisée provient des hauts plateaux du Katanga, c’est une des eaux les plus pures au monde. L’absence de sucre lui procure en outre une belle amertume. » Les bières se vendent en bouteilles pyrogravées de 73 cl pour la Simba (5° d’alcool) et de 65 cl pour la Tembo (5,9°). « Elles sont très appréciées au sein de la diaspora africaine en Belgique ainsi que par les Belges amoureux de l’Afrique« , observe Baudouin Peeters. Quant au café-restaurant de l’Africa Museum, qui s’appelle opportunément Tembo, il a tout naturellement inscrit les deux bières sur sa carte.

Source: lecho.be – 09-04-2019