Un rooftop, à manger et à boire, de la culture: voici à quoi ressemblera la Bourse

Le permis unique en vue de la rénovation de la Bourse de Bruxelles et de la transformation de ce bâtiment iconique en pôle culturel, commercial et touristique a été délivré, ont annoncé jeudi le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort et le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close.

La Ville de Bruxelles, propriétaire des lieux, a proposé de restaurer les façades, les toitures et les ornements intérieurs de ce bâtiment que l’on doit à Léon-Pierre Suys, ainsi que de rénover le site archéologique Bruxellae 1238 attenant. L’idée est de redonner une vocation publique à l’ensemble, tout en veillant au respect du patrimoine de ce bâtiment remarquable.

La Ville de Bruxelles a choisi de donner une nouvelle orientation à ce bâtiment emblématique en l’ouvrant à la population via la création d’une galerie traversante de prestige qui donnera accès à des espaces d’exposition ainsi qu’au site archéologique Bruxellae 1238.

Deux étages consacrés à la bière
Le public profitera également d’un restaurant et d’une brasserie avec une terrasse sur le toit ainsi que d’une expérience autour de la bière: le Belgian Beer World, qui occupera les anciens bureaux des 2e et 3e étages. Le projet été confié aux architectes Robbrecht en Daem – Baneton Garrino – Popoff.

« L’objectif est que les Bruxellois réinvestissent ce lieu mythique. Le projet de réaffectation de la Bourse de Bruxelles vise à créer une nouvelle galerie reliant la Grand-Place au quartier Dansaert, grâce à l’ouverture de la nef monumentale de l’édifice au grand public », a rappelé jeudi le bourgmestre de la Ville de Bruxelles.

« Un attrait non négligeable pour le tourisme »
Pour Rudi Vervoort, cette nouvelle initiative fait partie de celles qui vont réellement créer de la valeur ajoutée à la Région bruxelloise. « Au-delà des emplois directs créés au profit des Bruxellois, cette nouvelle affectation très originale du bâtiment de la Bourse, avec son attrait patrimonial et touristique exceptionnel, fera rayonner l’ensemble de notre capitale et sera un attrait non négligeable pour le tourisme », a-t-il commenté.

Source: 7sur7.be – 15-11-2018

La rue la plus chère du monde se trouve à...

La Causeway Road à Hong Kong est la rue la plus chère du monde pour louer un magasin et dépasse cette année la 5th Avenue à New York dans le dernier classement du spécialiste immobilier Cushman&Wakefield. Et en Belgique?

La location d’un emplacement dans la Causeway Road coûte plus de 24.600 euros le m² par an. On trouve ensuite la 5th Avenue à New York (20.733 euros), la New Bond Street à Londres (16.071 euros), les Champs-Elysées à Paris (13.992 euros) et la Via Montenapoleone à Milan (13.500 euros).

Anvers devant Bruxelles
En Belgique, le Meir à Anvers passe de la 27e à la 25e place (2.000 euros). Cette rue commerciale est donc la plus chère de Belgique devant la rue Neuve (1.850 euros) et l’avenue Louise (1.800 euros) à Bruxelles.

D’autres rues belges complètent ce classement des rues les plus chères pour la location de commerces: la Steenstraat à Bruges (1.050 euros) et la rue Vinâve d’Ile à Liège (1.000 euros).

source: 7sur7.be – 14/11/2018

Le Beaujolais Nouveau 2018 démontrera toute sa "générosité" ce jeudi à minuit

Grâce à la météo « exceptionnelle » de 2018, le Beaujolais Nouveau, qui sera célébré ce jeudi à minuit, a profité d’un raisin gorgé de soleil et dont les grappes étaient « impeccables », selon les vignerons de la région.

Le mot-clé de l’année est la générosité, clame Inter Beaujolais, l’organisme regroupant les producteurs et négociants du vignoble. Il faut remonter à 1964 pour trouver un millésime comparable en termes de qualité, d’après le secteur.

« Nous n’avons jamais vu une récolte comme ça, avec un alignement de planètes pareil. Pas un grain d’abimé, tout est très mûr, coloré, grâce à une météo exceptionnelle », s’enthousiasmaient les professionnels du Beaujolais lors des vendanges dont le travail a été simplifié tant les grappes étaient chargées de petits grains. « C’est aussi un gage de qualité, car les arômes et la couleur du futur vin sont présents dans la peau. Dans la cuve, cela donnera du jus avec beaucoup d’arômes et de couleur. Les vins 2018 seront ‘concentrés’, comme on dit dans le jargon. L’autre caractéristique du raisin de l’année est un faible taux d’acidité. Là encore, c’est l’assurance d’avoir ‘des vins très souples et très ronds' », a souligné Delphine Engel, œnologue à la Chambre d’agriculture du Rhône.

Les premières bouteilles de la cuvée 2018 du Beaujolais Nouveau seront débouchées jeudi à minuit, comme le veut la tradition née en France au début des années ’50. Une fête célébrée dans plus de 110 pays, selon Inter Beaujolais. Le Beaujolais Nouveau, breuvage issu d’un seul cépage, le gamay noir à jus blanc, et produit à partir de « Beaujolais Villages » et « Beaujolais », est un vin artisanal provenant de vendanges à la main et conçu grâce à une macération courte, de quatre à sept jours maximum. Il représente aujourd’hui 25% de la production du vignoble. En 2017, 24 millions de bouteilles, soit 179.000 hectolitres, ont été produites. Quarante pour cent du volume a été vendu à l’export. La Belgique arrivait en sixième position après les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, en trio de tête, suivis par le Canada et la Chine. Le vignoble du Beaujolais, situé à 95% dans le département du Rhône en France, s’étend sur près de 16.000 hectares.

Le Beaujolais comprend douze appellations: Beaujolais Village et Beaujolais ainsi que dix crus (Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié et Saint-Amour). (Belga)

Source: lalibre.be- 14-11-2018

 

Le géant chinois du commerce en ligne Alibaba s'implante à Liège

Qu’est-ce que ça va changer ?

Il vient de réaliser le plus grand chiffre d’affaire de l’histoire du commerce en ligne lors du 11 novembre, journée des célibataires en Chine, synonyme de promotion. Alibaba.com va renforcer, voire « légaliser », sa présence en Europe via un centre logistique d’envergure à Liège. Amazon a de quoi s’inquiéter.

Liège sera bel et bien le premier hub d’Alibaba en Europe, a confirmé le responsable européen du géant chinois de l’e-commerce, Terry von Bibra, aux journaux L’Echo, De Tijd et Het Laatste Nieuws. La venue de la société chinoise avait été annoncée en grande pompe par Charles Michel cet été (avec le patron Jack Ma sur la photo ci-dessus), mais les Pays-Bas avaient laissé entendre peu après qu’ils pourraient rafler la mise. « Nous avons déjà commencé« , a affirmé von Bibra, interrogé sur le « projet Liège ».

Alibaba, c’est quoi exactement ? 

Mais Alibaba, c’est quoi au juste ? Il s’agit en fait d’un conglomérat chinois. « C’est-à-dire que c’est un ensemble d’entreprises qui sont principalement des sites web actifs dans le commerce en ligne. Mais le commerce en ligne à plusieurs niveaux, dans plusieurs secteurs d’activités. Par exemple, cela met en relation des exportateurs chinois avec des importateurs européens qui vont revendre des produits chinois via des boutiques. Il y a aussi d’autres sites web qui mettent en relation une petite usine en Chine avec un consommateur en Europe notamment », explique Mathieu Tamigniau, notre spécialiste high tech.

Et cette plateforme en ligne chinoise a bénéficié du protectionnisme pour asseoir très rapidement une position dominante sur son propre pays. En 1999, date de sa création, les grandes enseignes américaines (Amazon, eBay, etc) ne pouvaient pas y opérer. Devenu un mastodonte du commerce en ligne, Alibaba s’est ensuite lancé à la conquête du monde.

Cette implantation est importante car la plupart des produits chinois achetés via des plateformes (Gearbest, Wish, etc…) qui ne sont pas légalement présentes en Europe ne sont pas régulés, et vous risquez de les voir bloquer à la douane. Ce ne serait normalement plus le cas avec Alibaba.com s’il est physiquement présent à Liège pour gérer le commerce des produits importés.

Si tout se passe comme le prévoit le géant chinois, il deviendrait un concurrent de poids pour Amazon, une référence en Europe.

La présence d’Alibaba à Liège va également servir dans l’autre sens, précise L’Echo: la classe moyenne chinoise importe de plus en plus de produits européens et l’implantation d’Alibaba se fait précisément via sa filiale ‘logistique’, Cainiao. D’autres sites de commerce en ligne comme Tmall (aussi une filiale d’Alibaba) pourraient donc être clients de Caiano et utiliser Liège pour faire leurs importations…

Les premiers avions ont volé il y a quelques jours

Liège a été désignée comme nouvelle plaque tournante du réseau mondial de Cainiao aux côtés de Hong Kong, Dubaï, Kuala Lumpur et Moscou. « Les premiers avions ont volé de Hangzhou à Liège à l’approche du 11/11« , selon le patron européen, faisant allusion à la fête annuelle des célibataires en Chine.

Si Terry von Bibra confirme l’arrivée du pôle logistique à Liège au détriment des Pays-Bas, il reste vague sur le calendrier: « La question n’est pas de savoir si nous construisons ou non un bâtiment« , explique-t-il à propos de l’entrepôt, dont la surface devrait avoisiner les 380.000 m2.

« Le plus important, c’est que nous avons développé une collaboration poussée avec Liège, même si l’extension d’Alibaba en Europe n’en restera pas là. Après quelque temps, nous examinerons la manière dont cela fonctionne. Et nous réfléchirons à l’opportunité de créer un deuxième ou un troisième centre. C’est un processus qui s’étendra sur plusieurs années. »


Willy Demeyer content

Cette arrivée est « une importante concrétisation » de la stratégie de la région liégeoise en faveur des activités du secteur de la logistique, s’est félicité mardi maton le bourgmestre de Liège Willy Demeyer, sur les ondes de la RTBF. « Je pense que les retombées seront importantes. C’est la concrétisation de la stratégie de la région liégeoise autour de la logistique. Cela prend forme. La Région liégeoise investit, l’Etat belge suit. Cela peut se traduire par des milliers d’emplois« , a commenté M. Demeyer.

Source: rtl.be – 13-11-2018

La Belgique doit adapter ses règles concernant les accises sur le tabac

La Commission européenne donne deux mois à la Belgique pour adapter sa législation sur les droits d’accise applicables au tabac, a-t-elle annoncé jeudi. L’exécutif de l’UE conteste l’obligation pour les entreprises de détruire leurs stocks de produits du tabac en cas de changement des droits d’accise.

La législation belge impose en effet aux compagnies de vendre ou de détruire leurs stocks avant la fin du mois au cours duquel un nouveau taux d’accise est introduit.

Par ces mesures introduites en 2013, le gouvernement a voulu empêcher que le marché ne soit submergé à certains moments par des produits du tabac soumis à une ancienne fiscalité.

Cette situation entraînerait en effet une perte pour le Trésor, par exemple si des opérateurs économiques, avant une augmentation du taux, achetaient des signes fiscaux en masse ou mettaient des produits du tabac à la consommation en très grandes quantités, alors que ces produits ne seraient vendus et livrés que plus tard.

En 2015, la Cour des comptes avait déjà pointé du doigt plusieurs effets pervers du système. Elle se demandait aussi si l’obligation de destruction passerait l’examen au niveau européen.

Réponse de la Commission: cette obligation de destruction est contraire au droit de l’Union. «Plus particulièrement, en ne laissant pas d’autres choix aux entreprises que la destruction des produits du tabac concernés et en imposant une telle mesure même dans les cas où les nouveaux taux applicables seraient inférieurs aux anciens, la législation belge va à l’encontre des règles de l’UE», détaille-t-elle.

L’exécutif de l’UE a désormais donné deux mois à la Belgique pour adapter sa législation. Si elle devait s’y refuser, la procédure d’infraction lancée par la Commission ce jour suivra son cours. À terme, elle pourrait amener à un renvoi devant la Cour de justice de l’UE et des sanctions financières.

Source: lavenir.net – 08-11-2018

 

Sept Belges sur 10 insatisfaits de leurs revenus

Sept Belges sur 10 ne sont pas satisfaits de leurs revenus actuels, révèle un nouveau volet de l’enquête nationale du bonheur réalisée par l’Université de Gand (UGent) et l’assureur-vie NN auprès de 3 770 personnes.

Ceux dont le revenu est plus élevé sont davantage satisfaits de leur salaire, mais surtout de leurs relations sociales et de leur cadre de vie. Cette satisfaction tend toutefois à diminuer lorsque les revenus sont encore plus élevés.

Le Belge moyen évalue seulement à 6 sur 10 sa satisfaction quant à sa situation financière, et 70% des répondants souhaitent des revenus plus élevés. Selon l’enquête, le bonheur des Belges atteint un pic lorsque le revenu net normalisé par personne (revenu net du ménage, divisé par le nombre de membres qui le composent) se trouve entre 4 000 et 5 000 euros par mois.

Mais «le fait de gagner de plus en plus ne nous rend pas de plus en plus heureux. Si les Belges qui ont des revenus plus élevés sont moins satisfaits de leurs revenus et de leur cadre de vie, nous pouvons en conclure que le désir permanent de gagner plus a un impact négatif sur notre bonheur», commente le professeur Lieven Annemans. Les experts estiment qu’il est pour cela «essentiel de travailler à l’amélioration de notre système économique, en le fondant sur les aspects qui apportent une véritable valeur».

Par ailleurs, ceux qui épargnent pour leur pension (57,6% des Belges) et ont une assurance-vie sont plus satisfaits, peu importe leurs revenus. Leurs chances d’être plus heureux sont 17% plus élevées que le groupe qui n’épargne pas pour la pension ou ne dispose pas d’une telle assurance.

Source: lavenir.net – 08-11-2018

Jean Galler cède sa chocolaterie à un Qatari

Une centaine de personnes interdites de jeux de hasard en 2017

Le rapport annuel 2017 de la Commission des jeux de hasard indique que 98 personnes ont fait l’objet d’une interdiction à la demande d’un tiers l’an dernier, rapportent les titres Supdresse mardi.

Le chiffre peut paraître faible mais il faut savoir que cette disposition est unique au monde. « La mesure commence à être connue », souligne Étienne Marique, président de la Commission des jeux de hasard. Dans 37 cas, selon le rapport, la demande avait été introduite par le conjoint ou le cohabitant légal. Dans 31 cas, par le père ou la mère. Dans 13 cas par un autre membre de la famille, le plus souvent un frère ou une sœur; dans 10 par un fils ou une fille. Ensuite, par un ami, un magistrat ou un assistant social.

Au total, aujourd’hui, 496 personnes sont interdites sur la base de la demande d’un proche.

Au 1er novembre, plus de 370.000 personnes étaient interdites de jeu en Belgique. Même en retirant les magistrats, notaires, huissiers et autres policiers, cela fait encore 314.000 personnes.

Source: 7sur7.be – 6-11-2018

Un Belge sur cinq éprouve une forme d’addiction au travail

Deux tiers d’entre eux (66 %) reconnaissent que le travail a une influence négative sur leur santé, plus encore (83 %) affirment éprouver du stress.

n Belge sur cinq entretient une relation d’addiction avec son emploi, selon une étude de Securex rendue publique lundi. Pourtant «  l’impact de l’addiction au travail se fait sentir tant à la maison qu’au travail  », conclut la société de ressources humaines sur base d’une étude menée auprès de 1.552 travailleurs belges début 2017.

Les statistiques sur l’addiction au travail collectées par Securex pointent que près d’un Belge sur cinq (17 %) est «  accro  » à son emploi. Ils ont le sentiment qu’ils «  doivent  » travailler parce que c’est leur devoir ou parce qu’à défaut, ils se sentent coupables, explique Securex dans un communiqué de presse.

Deux tiers d’entre eux (66 %) reconnaissent que le travail a une influence négative sur leur santé, plus encore (83 %) affirment éprouver du stress. Un quart d’entre eux, de même que des travailleurs compulsifs, courent également un risque accru de burn-out (25 %).

Quatre types de travailleurs

Securex distingue en effet quatre types de travailleurs : les «  accros au travail  » (17 %), les «  ordinaires  » (61 %), les «  compulsifs  » (11 %) et les «assidus  » (12 %).

«  Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les accros au travail ne sont pas nécessairement plus motivés à travailler que leurs collègues. En revanche, leur motivation est différente. Et comme leur motivation part du sentiment négatif qu’ils ’doivent’ travailler, leurs prestations sont de moindre qualité  », explique Hermina Van Coillie, experte en ressources humaines chez Securex.

Les accros au travail et les travailleurs compulsifs se rendent moins souvent avec plaisir à leur travail (63 %) comparé à leurs collègues travailleurs assidus ou ordinaires (73 %). Près de neuf accros au travail sur dix (86 %) disent avoir trop de travail et prestent plus d’heures supplémentaires qu’ils ne le souhaitent, alors que cela n’est le cas que dans une moindre mesure pour les autres travailleurs.

Source: lesoir.be 26-08-2018

Le règne des voitures électriques: grande illusion ou mensonge ?

L’annonce du bannissement de la voiture à moteur thermique, voire de l’interdiction de sa vente envahit les médias. Mais les fondements techniques, économiques, sociaux et environnementaux de tels projets sont douteux.

L’opinion de Philippe Casse

Depuis l’invention de l’automobile dans les années 1880, il y a toujours eu un marché pour la voiture électrique. En 1900, la moitié du parc automobile mondial (environ 20 000) était composé de voitures électriques (VE).

A l’époque, le coût du moteur, de la boîte de vitesses et de l’embrayage dépassait nettement celui des éléments moteurs des VE dont la conduite était surtout beaucoup plus simple. La production en grande série de voitures « à pétrole » et leur autonomie sans limite signèrent l’abandon des VE, sauf pour des usages bien spécifiques dont le plus bel exemple est la livraison en porte à porte du lait frais en Grande-Bretagne.

La guerre 14-18, la première guerre motorisée de l’histoire, acheva de ranger les VE quasi aux oubliettes… pour juste un siècle.

Un marché pour le véhicule électrique (VE)

Il y a bien un marché pour les VE. L’usage professionnel urbain et surtout captif en reste la base potentielle principale. Certains particuliers peuvent aussi s’en servir s’ils évitent les handicaps cités plus loin.

Quant aux hybrides, elles peuvent se révéler indispensables pour pénétrer en ville le jour où l’accès à un véhicule thermique y est interdit. Mais elles sont économiquement absurdes et leurs consommation et émissions de CO2 en usage courant sur la route sont nettement plus lourdes que celles de leur équivalent non hybrides.

L’annonce du bannissement des voitures à moteur thermique, voire de l’interdiction de leur vente, envahit les médias alors que les fondements techniques, économiques, sociaux voire environnementaux de tels projets sont douteux.

On a l’impression d’une surenchère sans qu’aucune voix ne s’élève pour ramener les politiciens à un peu de raison. On peut craindre que nos dirigeants ne perçoivent pas du tout les conséquences de leurs déclarations.

« Green washing »

Il est vrai que les autorités opèrent un « green washing » à bon compte parce que c’est bien moins risqué politiquement que d’obliger tous les propriétaires à isoler leur maison par exemple.

Au bannissement des moteurs thermiques et donc au « règne absolu de la voiture électrique », on serait tenté de répondre par une expression aussi provocante : « la grande illusion ! »

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est impossible de voir la totalité des automobiles à moteur thermique (p.m. 1,25 milliard d’autos) remplacées par des VE. Impossible avec une certitude absolue en ce qui concerne les VE à batteries, et une certitude quasi absolue en ce qui concerne les VE à piles à combustible !

1. C’est impossible techniquement

Car si l’ensemble du parc belge de voitures automobiles (5 750 000) était électrique, il faudrait augmenter de 30 % la production électrique de notre pays ! Est-ce possible avec l’annonce de la fermeture des centrales nucléaires ?

Ces annonces intempestives oublient aussi qu’il n’y a pas encore aujourd’hui d’économie circulaire en matière de recyclage des batteries au lithium-ion et que les deux seuls carburants efficaces connus pour les VE à pile à combustible sont l’hydrogène et le méthanol.

Or, l’hydrogène exige plus d’énergie pour le produire que celle qu’il est capable de fournir. Il est aussi le seul carburant connu explosif et il est produit aujourd’hui principalement par cracking de la molécule CH4 du méthane (gaz naturel). Et le méthanol rentre fort en concurrence avec les besoins de l’alimentation humaine.

Enfin, argument de poids, il n’y a pas à ce jour d’alternative électrique pour les camions lourds. Sans compter que, dans de nombreux endroits dans le monde, il n’y a pas d’électricité disponible ou bien les distances sont trop grandes et les temps de parcours incertains entre deux bornes de recharge. Avec, en plus, l’incertitude de la consommation qui varie très fort en fonction de la conduite, de la température et du gradient de la route.

2. C’est impossible sur le plan environnemental

Malgré les efforts de notre pays pour produire de l’électricité renouvelable, le rendement énergétique du VE à batteries, et donc sa production de CO2 induite par sa construction, son usage et son recyclage en fin de vie (« du puits à la roue »), y sont au mieux équivalents à ceux d’une voiture diesel comparable.

En dehors de la Norvège, la production électrique d’aucun pays d’Europe ne permet à une VE à batteries d’afficher un rendement énergétique supérieur à celui d’une voiture diesel comparable. Déplacer la production de CO2 de la voiture de là où elle est utilisée vers une centrale électrique est donc une illusion de bienfait ! Et les VE produisent environ la moitié des particules fines des voitures diesel équivalentes (usure des freins, pneus, etc.) ou des voitures à essence équipées de moteur à injection directe.

3. C’est impossible sociologiquement

D’abord, les 2/3 du parc automobile belge « couchent » sur la voie publique (soit 3 800 000 unités). Et la Commission européenne demande à la Belgique de n’installer que 21 000 bornes de charge sur la voie publique.

Ensuite, la moitié des ménages belges ne veut ou ne peut avoir qu’une seule voiture qui doit donc assurer tous les besoins de mobilité automobile de la famille. C’est surtout vrai pour les trajets sans alternative modale, comme beaucoup de déplacements à longue distance à plusieurs avec bagages. Impossible aussi d’imaginer la recharge simultanée de milliers de VE sur la même route des vacances.

Et enfin, il y a un nombre non-négligeable de grands rouleurs professionnels dont les activités les amènent à rouler toute la journée et à ne pas disposer du temps nécessaire pour s’arrêter et recharger les batteries.

4. C’est impossible fiscalement

Encore que l’imagination de nos gouvernants ne manque pas… d’énergie en ce domaine ! Mais combien de temps durera le cadeau fiscal de l’amortissement à plus de 100 % d’un VE quand on connaît la saga des certificats verts en Wallonie ?

De plus, chaque VE en plus dans le parc automobile équivaut à un véhicule thermique en moins ! Comment l’Etat va-t-il alors compenser la perte d’accises et taxes sur le carburant (p.m. 5 milliards d’euros) qui n’est plus consommé par les VE ? Les multiples avantages qui sont offerts ou promis aux utilisateurs de VE (par exemple en Norvège : usage de la bande des bus, exemption du péage urbain et de parking) deviendront vite impossibles si le nombre de VE décolle comme le veulent nos dirigeants.

Au moment de conclure…

Enfin, on ne parle jamais de la différence de consommation entre un conducteur sage et un autre qui ne l’est pas. On démontre facilement que cette différence n’est au maximum que de 50 % en diesel. Elle passe à 100 % en voiture à essence. Mais, en VE, elle peut aller jusqu’à 200 % (soit le triplement de la consommation), sans compter la consommation supplémentaire du chauffage ou de l’airco et surtout les redémarrages en côte.

Dans ces conditions, on peut affirmer qu’annoncer le règne dominant ou absolu de la voiture électrique et la disparition totale du diesel sont soit une illusion soit un mensonge. Mais ils feront en tout cas deux victimes : le consommateur et l’environnement ! Et cela d’autant plus que les progrès en moteurs thermiques continuent à s’accélérer.

Qui aura le culot, l’audace et surtout la crédibilité d’interpeller les autorités sur ce sujet ? On peut craindre que cela ne vienne pas de l’industrie. Quant aux producteurs d’électricité, ils se frottent sans doute les mains. Cela ne viendra donc pas d’eux non plus ! A quand un groupe de professeurs d’universités pour monter au créneau ?

Note de la rédaction : qui est Philippe Casse ?

Ingénieur commercial de formation, Philippe Casse fut chargé des relations publiques de D’Ieteren de 1991 à 2012. Aujourd’hui pensionné, il se définit comme historien de l’automobile. Et pour cause, notre contributeur siège dans diverses commissions et fédérations liées à l’automobile et à son histoire.

 

Source: fleet.be – 16-08-2017